Nous sommes le vendredi 31 juillet, il est 20h24 et mes larmes ne cessent de couler sur mes joues brûlantes depuis 16h29. L'impossible est arrivé, me laissant là, seule. Cet ouragan a fait exploser mon c½ur, laissant les morceaux par terre, un n½ud inimaginable au ventre et un voile aveuglant mes pupilles de larmes humides et piquantes. Comment réagiriez-vous si on vous arrachait des bras la personne qui vous a toujours élevé et qui vous fait tenir debout ? Comment réagiriez-vous si on vous ôtait votre bras droit ? Comment pourriez vous vivre en apnée, sans votre masque à oxygène ? Ma meilleure amie quitte le pays pour quelques mois, voilà l'impossible. Jamais je n'aurais cru pleurer autant, jamais je n'aurais pensé craquer si vite et si intensément. J'voulais pas quitter ses bras, j'voulais pas cesser de regarder ses yeux, j'voulais pas m'éloigner de ma moitié. Ce bus est arrivé et m'a emporté aussi vite que la boule qui s'accumulait dans ma gorge a lâché prise. J'étais dans un état second, sous le choc et mes yeux fixaient le sol à un tel point que les trottoirs devaient être usés de mes regards orageux posés par terre. Les regards des personnes aux alentours m'éc½uraient, leurs sourires innocents voulant faire le bien m'exténuaient. Tout ce que j'observais autour de moi était un gros foutage de gueule. Le soleil brillait de mille feux, comme si c'était un jour de fête, alors que j'aurais vraiment préféré qu'il pleuve à flots, afin que le temps s'accorde à ce que je ressentais spirituellement et physiquement. Mon iPod ne me proposait rien à mon goût, rien pour me consoler, presque à m'en dégoûter. J'ai retiré vivement les écouteurs avec rage et ai accéléré le pas afin de finalement trouvé l'épaule de ma mère pour tout lâcher. Me retrouvant seule à seule, ma radio me narguait à coup de "Puisque tu pars", laissant échapper à nouveau un sanglot aussi riche que les autres. Je sais qu'elle reviendra, mais elle va terriblement me manquer. Celle qui me fait rire, celle qui me supporte malgré mes conneries et mes gamineries à tout bout de champ. Celle qui connaît mes blessures, celle qui les a soignées, celle qui m'a toujours écoutée. Celle qui m'apprécie telle que je suis, celle qui reste sincère, celle qui partage avec moi cette amitié si posée et sans aucune prise de tête. Celle que j'admire, celle que j'aiderai toujours, celle qui me fait sourire. Celle qui va être si loin, celle qui va laisser ce vide au milieu des débris, celle qui va voyager pour son bien. Celle qui est ma Seurette, celle que je vais retrouver dans quatre mois, celle qui je le sais, au fond, sera toujours la même._____________________________________Je t'aime. ♥